| LETTERS TO THE EDITOR |
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| En réponse au rapport du Kashmir Centre.UE: "A la découverte de la vérité" |
| Spring 2008 |
| par Emma Nicholson |
En mai dernier, 522 députés européens ont voté à une écrasante majorité en faveur de la résolution "sur la situation actuelle et les perspectives d'avenir au Cachemire". Pour la première fois, le Parlement a adopté une résolution exhaustive devant servir à l'avenir de point de référence à sa politique en la matière. Celle-ci guidera en effet l'approche générale de la région et de ses problèmes par le Parlement et par l'Union. Depuis près de 60 ans, le Jammu-et-Cachemire, en proie aux conflits, est le jouet de puissances régionales telles que la Chine, l'Inde et le Pakistan. Ce qui a déjà coûté la vie à plus de 80.000 personnes. En voyageant dans la région en qualité de rapporteur parlementaire, j'ai eu un aperçu inestimable sur les conditions politiques, économiques et sociales de l’une des régions les plus troublées du monde.
La force du Parlement européen tient à sa capacité à produire des résolutions basées sur des rapports appuyés par des observations et des analyses exhaustives et, plus important encore, sur un consensus entre les différents groupes politiques. Toutefois, le Parlement est également ouvert aux groupes de pression qui essaient d'influencer la position politique et le vote de ses membres. Si le lobbying n'est pas un fait nouveau, certaines de ses tactiques actuelles sont pour le moins saisissantes. Une certaine organisation a publié dans Europe's World une série d'articles promotionnels attaquant la résolution du Parlement, ainsi que mon travail de rapporteur. A plusieurs reprises, ladite organisation a affirmé que le projet de rapport original, ainsi que le rapport de la commission des affaires étrangères qui en a découlé, étaient biaisés et présentaient des failles. Tous les aspects fondamentaux de ce rapport ont, au contraire, été renforcés lorsqu'il a été soumis au vote final. C’est un succès considérable pour tous ceux qui, au Cachemire, se battent pour la démocratie, les droits de l'homme et la fin de l'oppression de part et d'autre de la ligne de contrôle.
Cette même organisation prétend représenter l'ensemble du Cachemire et faire pression dans l’intérêt de tous les Cachemiris en Europe. Or, le Jammu-et-Cachemire et le Gilgit-Baltistan sont composés d'entités politiques et de régions géographiques disparates, et de multiples factions tiennent des positions différentes, luttant pour obtenir des droits politiques distincts. Chacune a le droit d'être entendue. Qu’une organisation puisse revendiquer une connaissance et une autorité absolues par rapport au Cachemire est donc étonnant. De fait, l'organisation en question s'est révélée être une mandataire politique du gouvernement pakistanais à Bruxelles en tentant de balayer toute critique sur la situation des droits de l'homme dans les régions de Jammu-et-Cachemire et Gilgit-Baltistan sous contrôle pakistanais.
Les méthodes de cette organisation, particulièrement la façon dont elle a tenté de faire pression sur les députés britanniques et autres, soulèvent des questions quant à l'autorégulation des groupes de pressions. Est-il acceptable que des individus puissent entrer au Parlement et harceler ses députés pour qu'ils votent en faveur de la position officielle d'un gouvernement étranger? La plupart des députés ont rapidement percé à jour cette organisation et rares sont ceux qui ont choisi d'adopter le point de vue d'un militaire largement critiqué pour son désolant palmarès en matière de droits de l'homme et de démocratie. Au vu des dernières tentatives du président Pervez Musharraf de sauver sa situation en imposant un état d’urgence au Pakistan, les députés européens ne vont pas regretter leur décision.
Pour le Parlement, tout ceci souligne la nécessité de repenser sa politique en matière de groupes de pression. L'autorégulation a prouvé ses limites. Il faut donc réexaminer les droits d'accès non-discriminatoires accordés aux groupes de pression, particulièrement l'accès aux bureaux des députés. C'est la seule manière de s'assurer que les députés européens écoutent réellement la voix de ceux qui ont le plus besoin d'être entendus.
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