Le basculement de l'économie mondiale vers l'Asie et la pression sur le climat et les ressources placent l'Europe, plus pertinente que jamais mais impréparée, devant ce double défi. Même les eurosceptiques devront convenir, sous la pression des évènements, qu'un nouveau progrès de l'intégration politique est nécessaire. A ce stade c'est moins affaire d'institutions que de projet. Tout se joue qu niveau de la zone euro. Car son effondrement romprait l'unité du grand marché, et ôterait à l'UE sa capacité de jouer un rôle dans le nouvel ordre mondial. La zone euro est le théâtre d'un affrontement entre les marchés financiers et la puissance publique européenne. Celle-ci relève en ce moment du Conseil Européen, seul habilité à opérer les transferts de souveraineté nécessaire à la viabilité à long terme de la zone euro. Mais le Parlement européen s'entend mieux que par le passé à 'communautariser' l'acquis gouvernemental. L'enjeu est de gérer une décennie de croissance faible qui va reposer le problème du partage de la valeur ajoutée, de manière à contenir populisme et protectionnisme en Europe. La zone euro doit être dotée de la triple souveraineté, monétaire, financière et fiscale, parce que c'est à ce niveau seulement qu'elle peut dorénavant être exercée par des Etats qui, à travers la monnaie unique, partagent une communauté de destin.
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