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IS HOME-GROWN
TERRORISM A FAILURE
OF INTEGRATION
POLICIES OR
THE SYMPTOM OF
A WIDER CRISIS?
 

 
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The fourteenth edition of Europe's World is out. We feel it's fair to say that few if any publications in the field of international relations and policy debate have grown as fast or widened their scope so remarkably as Europe's WorldTable of contents of Issue 14.

The search is on for 'global governance' solutions to the world's economic and political problems. The trouble is, of course, that there's not much agreement across Europe or around the world on what sort of policy instruments, institutions and rules would open the way to a fairer international system serving the needs of North and South, East and West while avoiding the pitfalls that led to the global crisis.  Read more

 
UTC Europe Campaign 2010
SUSTAINABLE EUROPE

L'Europe doit modifier son approche en matière de durabilité

Summer 2008

L'Union européenne se préoccupe de sa compétitivité au niveau mondial et annule du même coup les mesures prises pour protéger l'environnement, déclare Tony Juniper, de l’ONG Les Amis de la Terre. Il appelle à un réexamen radical des politiques européennes en matière de durabilité

L’Union européenne suscite chez les Verts européens des sentiments mitigés, et ceci depuis plus de vingt ans. Certains d’entre eux sont horrifiés par sa culture consumériste et son marché unique obsédé par la croissance, d'autres sont plutôt impressionnés par ses efforts en faveur de l’environnement. Personne n’a tort, car l'UE est constituée de nombreuses couches et opère sur plusieurs fronts, et sa politique provoque simultanément des résultats très différents selon qu’on parle d’une région du monde ou d’une autre. En matière de durabilité également, les aspects à considérer sont innombrables et variés.

On s’accorde généralement à dire que la durabilité englobe un ensemble de priorités environnementales, économiques et sociales. Elle doit concilier le développement économique et la protection de l'écosystème, duquel dépend le bien-être de l’être humain. En d'autres termes, la durabilité est un processus qui améliore le bien-être de l’être humain et limite les changements environnementaux à des niveaux qui les rendent gérables par nos sociétés.

Dans ce domaine, la contribution la plus évidente de l'UE est sa législation sur la protection de l'environnement, un ensemble de lois qu’elle est arrivée à rassembler durant de longues années au fil d’accords entre les pays de l’Union. Dans certains États membres, la vaste majorité des règles et lois environnementales sont le fait direct de directives européennes (85% au Royaume-Uni), et seule une petite proportion est imputable à des actions strictement nationales.

A l'opposé, l’énergie et les ressources utilisées pour renforcer le marché unique européen s'inscrivent dans une perspective "non durable". Ainsi, certaines mesures politiques ont un impact direct sur l'environnement, notamment le soutien aux routes, ports et autres infrastructures conçues afin de favoriser l’intégration économique. Il s’agit souvent de projets à haute teneur en carbone que certains considèrent fondamentalement contraires à la politique de durabilité.

Un autre domaine important influençant l’état de l’environnement est l’agriculture. Durant plusieurs décennies, la politique agricole commune de l’UE a profondément modifié l'environnement, la faune, la flore et l'aspect des zones rurales, de même qu'elle a affecté la vie de millions de personnes vivant à la campagne. La quête de l’efficacité, de la compétitivité et de la nourriture bon marché a transformé les économies agricoles de l'UE et, tandis que de modestes moyens étaient employés pour protéger divers aspects du milieu rural, la plus grosse partie du budget agricole était consacrée aux subventions à la production. Nous en connaissons les regrettables répercussions, allant des montagnes de beurre et lacs de lait à la pratique socialement désastreuse de "dumping" des surplus dans les pays en développement. Les subventions ont dévasté les économies agricoles à travers le monde. Vu le résultat, il est plutôt difficile de considérer l’effet global de la politique agricole de l’UE comme "durable".

Déjà d’actualité durant les années 80 et 90, dans le cadre de la politique agricole de l'UE, la durabilité reste aujourd’hui un défi colossal associé à la problématique du changement climatique. Les États membres de l’UE et leurs dirigeants doivent lutter contre les implications des dernières prédictions scientifiques. L'objectif déclaré de l’UE est de limiter la hausse des températures de la planète à 2°C. Si telle est vraiment son ambition et celle du reste du monde, il faut opérer sans attendre des réductions d’émission à grande échelle.

D’après le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, si nous voulons avoir une chance raisonnable de maintenir le réchauffement climatique à ce niveau, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de CO2 de 25% à 40% d'ici à 2020. L'UE s'est engagée à réduire les siennes de seulement 20%, et n’a même pas encore mis sur pied la politique nécessaire pour que cela se réalise. Il est impératif qu'elle s'engage à réduire d’au moins 30% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 et de 90% d'ici à 2050. Dans toute l'Europe, des groupes d’Amis de la Terre demandent à leurs gouvernements d’établir des réductions d'émissions annuelles juridiquement contraignantes et pressent l’UE de parvenir à un accord obligeant les États membres à davantage réduire leurs émissions d’année en année.

Si l'UE va aussi loin que le veulent certains de ses dirigeants, elle pourrait véritablement devenir un leader mondial en matière de changement climatique. Mais le lobby automobile s'y oppose farouchement et mène une campagne contre le durcissement des normes sur les émissions des véhicules, certains États membres construisent de nouvelles centrales thermiques, et nous sommes tous témoins de la rapide expansion de l'aviation civile à travers l'UE. Il semble donc pour le moment très improbable que les pays européens accomplissent le nécessaire.

Pourquoi les dirigeants européens parlent-ils autant de l'environnement et de la durabilité mais progressent-ils aussi lentement, voire se dirigent-ils dans la mauvaise direction? Si certains parlent de la nécessité d’une économie à faibles émissions de CO2 et gérant efficacement ses ressources, nombreux sont ceux qui, dans les ministères nationaux et à la Commission européenne, veulent stimuler la compétitivité et développer la croissance économique. Ces deux objectifs politiques, s’ils étaient poursuivis autrement qu’ils ne le sont actuellement, pourraient très bien être compatibles avec une économie plus durable. Les ministres du commerce de l'UE ont négocié en faveur d’une libéralisation encore plus poussée du commerce international, notamment via le lancement de la politique commerciale "Global Europe" (pour une Europe compétitive dans une économie mondialisée) adoptée par le Conseil européen en 2006. Celle-ci, axée sur la création d'une nouvelle génération d'accords de libre-échange bilatéraux qui donneront aux compagnies européennes accès aux marchés et aux ressources naturelles des pays en développement, a mis les pays sous pression, les obligeant à limiter leurs politiques environnementales et de durabilité de peur qu’elles ne soient considérées comme des barrières faisant obstacle au commerce. Retenons la leçon, et développons nos priorités en matière de politiques de durabilité et de croissance économique de manière cohérente et non contradictoire.

Déjà, certains pays africains ont signé des accords intérimaires qui vont accélérer la dégradation de l'environnement et mettre en danger les industries naissantes et la subsistance des petits agriculteurs. Au sein de l'UE, la politique "Global Europe" veut s'assurer que les nouvelles normes européennes environnementales, sociales et du travail n'ébranlent pas la compétitivité des compagnies européennes au niveau mondial. Le lobbying des compagnies et des associations industrielles a largement contribué à faire de la compétitivité au niveau international l’une des grandes priorités de l’UE, et ce malgré son manque d’adaptation au concept de durabilité.

Même quand les groupes industriels tiennent compte de la législation relative au changement climatique et réagissent, leurs réponses amènent souvent leurs lots de nouveaux challenges, comme le montre le cas de l’extension de la production du biocarburant. Le projet actuel de l'UE est de remplacer 10% de l’énergie utilisée pour les transports par du biocarburant d’ici à 2010. Mais un nombre croissant d'experts universitaires, d'institutions et d'organisations non gouvernementales s’inquiètent de ce que les biocarburants pourraient causer plus de tort au climat que de bien. En effet, de récentes études démontrent que les gains sont négligeables en matière d’émission de CO2, voire négatifs, alors que l'expansion de la production entraîne la destruction de la forêt tropicale humide, la flambée des prix des denrées alimentaires et des violations des droits de l'homme.

L'Europe doit changer sa manière d’aborder les défis environnementaux du XXIe siècle. Dans les décennies à venir, la compétitivité sera déterminée par l’utilisation efficace de l’énergie et l’adoption rapide de technologies pointues axées sur la durabilité. Ce n'est qu'ainsi que les marchés et industries futurs connaîtront le succès.

Il ne faut pas s'attendre à ce que l'UE atteigne dès maintenant ses objectifs environnementaux, économiques et sociaux. Les compagnies européennes sont parmi les plus importantes et les plus influentes au monde, et les émissions de gaz à effet de serre et la consommation des ressources naturelles de l’Europe dépassent largement toute estimation raisonnable en faveur de la durabilité. Malgré quelques lois environnementales utiles, l'Europe n'est donc pas encore en position de réclamer le leadership de la lutte contre le changement climatique.


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UTC Europe Campaign 2010