C’est à une méditation déambulatoire en compagnie de nombreux philosophe politiques, un peu nostalgique et parfois révoltée – une sorte de
pessimiste actif à la manière de Gramsci, que l’auteur ne cite toutefois pas
– que nous engage Jean-François Mattéi, professeur émérite de philosophie
à l’université d’Aix-en-Provence.
Le regard vide, c’est celui des statues antiques « que nous croisons dans
les salles du Louvre qui pourrait bien indiquer le destin de l’Europe dont la
culture sera pour les générations futures une chose du passé ». C’est aussi
le contraire absolu du regard qui caractérise l’identité européenne, dans le
prolongement de la pensée grecque et de son développement humaniste :
un regard surplombant, un regard qui porte loin à l’horizon, un regard
exigeant, un regard d’indignation, un regard inquiet.
En effet, de son point de vue, « les formes constitutives de l’Europe tiennent
moins à la rencontre des cultures particulières d’Athènes, de Rome, de
Jérusalem, de Byzance ou de Cordoue, que dans ce croisement des regards
que l’âme européenne, pour suivre l’image de Valéry, a porté successivement sur le monde, sur la cité et sur elle-même. »
Il décline donc son livre en 5 chapitres consacrés au regard sur le mythe,
au regard sur le monde, au regard sur la cité, au regard sur l’âme et, pour
finir, à l’aveuglement du regard.
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